Une saison au Château Saint-Jean

LE SPA D’UN CHÂTEAU DE CHARME

Par Michèle de LATTRE.

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Dans notre numéro de novembre 2021 de Spa de Beauté, nous avons publié un article sur la magnifique Réserve de Beaulieu et son propriétaire Jean-Claude Delion qui a associé à son palace un lumineux spa. Jean-Claude Delion possède aussi le Château Saint-Jean, en Auvergne, avec un petit spa étonnant.

Jean-Claude Delion a passé son enfance dans la région, il a rencontré sa future épouse et lui a demandé sa main en 1960 au cours d’un dîner dans le restaurant situé dans la chapelle du Château Saint-Jean. Heureusement, elle a dit « Oui » et bien des années plus tard, en 2016, il a racheté le Château Saint-Jean abandonné, en a fait un hôtel 5***** affilié au groupe Relais & Châteaux, et a transformé la chapelle en un restaurant réputé, étoilé Michelin, il a aussi créé son spa.
Espace dédié à la relaxation, le spa se compose d’un hammam, d’une douche sensorielle, d’un Jacuzzi et d’une piscine avec nage à contre-courant.

L’été, les grandes baies vitrées s’illuminent sur un jardin d’herbes et de plantes aromatiques. Une salle de fitness pour les accrocs aux performances et une grande salle de massage pour que les spa praticiennes dispensent les meilleurs soins, le complète. Partout, les murs aux pierres blondes apparentes rendent le lieu zen.

La carte des modelages se compose de deux modelages :
– le modelage relaxant avec des manœuvres douces de pétrissages des muscles, d’effleurages, de pressions et de lissages fluides. Les gestes sont lents et légèrement appuyés, afin de dénouer les tensions,
– le modelage tonique qui repose sur des techniques bien précises pour stimuler la circulation sanguine et éliminer les toxines. La technique de base est la percussion.

FAIRE PEU, MAIS BIEN

Par Pierre GAZEAU, Directeur du Château Saint-Jean

HÔTELLERIE, THALASSO, SPA

Pierre Gazeau

Pierre Gazeau

Après mes études d’hôtellerie (BTS Hôtellerie-Restauration), j’ai été successivement réceptionniste, chef de réception à l’Hôtel Vendôme à Paris, responsable d’une centrale de réservation, directeur hébergement de l’Hôtel de l’Ile Rousse avec un très beau centre de thalasso et un spa. De par ma formation, j’ai eu une orientation naturelle vers le luxe et je me suis vraiment spécialisé dans la thalasso et le spa. Forcément, ça me parle et j’ai développé une certaine sensibilité.

Dans le courant de l’année 2020, j’ai fait une très belle rencontre : M. Delion, le propriétaire du Château Saint-Jean. Après un contrat saisonnier pour l’été 2020, l’expérience a été tellement concluante que j’ai été engagé définitivement.

C’était la première fois, de toutes mes expériences, que j’ai rencontré un patron qui a une telle sensibilité sur le luxe, et sur l’exigence, qui est vraiment orientée clientèle. C’est le credo. Alors, évidemment, j’ai une obligation de résultat en termes de C.A., mais c’est d’abord tout pour le confort du client et ça, c’est important. Le discours de M. Delion, c’est faire peu, mais bien. Au Château Saint-Jean, nous avons 19 chambres, 25 couverts au Bistro, 20 à la Chapelle. Donc, faire peu, mais bien. Je me retrouve là à 200 %.

L’HISTOIRE DU CHÂTEAU

Le Château Saint-Jean avec sa chapelle attenante date du 12ème siècle. Il est situé à la place d’une ancienne commanderie des Templiers. Ce château a été transformé en hôtellerie style médiéval dans les années 1930. Il a fermé au début des années 2010 et a été laissé à l’abandon, squatté, vandalisé. M. Delion, qui est un enfant du pays, originaire d’un petit village entre Montluçon et Clermont-Ferrand, a eu un coup de foudre pour ce château qu’il connaissait déjà. Ça lui a tenu à cœur de ré-investir dans sa région d’origine et de sauver ce patrimoine. Il l’a acheté à l’automne 2016. Le château était dans un état tellement déplorable qu’il a nécessité un désossage complet et la construction de nombreux espaces pour avoir une bonne structure, parfaitement fonctionnelle. Après deux ans et demi de travaux, le château a ouvert en avril 2019, ainsi que le spa. Il était inenvisageable pour un tel hôtel de luxe, centré sur la gastronomie, son principal moteur, de ne pas avoir son spa. Celui-ci n’est pas d’une taille immense mais il possède vraiment l’essentiel : une piscine couverte et chauffée avec nage à contre-courant, bec, cascade, Jacuzzi, hammam, douche sensorielle avec trois ambiance différentes, salle de fitness et, pour finir, une cabine de massage.
Nous ne faisons que des massages car la demande est très forte.
Comme notre spa a une superficie restreinte et que nous voulons vraiment privilégier et chouchouter notre clientèle de l’hôtel, nous n’acceptons pas les clients extérieurs. La notion de confort est très forte pour préserver la tranquillité des clients de l’hôtel.

LES ESTHÉTICIENNES FREE-LANCE

Nos esthéticiennes ne sont pas des salariées, elles viennent de l’extérieur.
Nous fonctionnons avec trois esthéticiennes en free lance. Nous les avons testées sur nous-mêmes : moi, le chef de cuisine et l’ancien directeur du Château, pour assurer la qualité de leur prestation. Ces trois prestataires que sont Ambre, Nelly et Myriam vivent à Montluçon ou dans les environs. Nous aimerions les appeler le plus tôt possible pour qu’elles soient disponibles au maximum parce qu’elles ont leur propre clientèle. Mais c’est vrai que l’on se retrouve souvent avec des demandes de dernière minute. Le client arrive à 15 h, prend possession de sa chambre et nous demande s’il lui est possible d’avoir un massage le soir même ou le lendemain matin. Heureusement, nos trois esthéticiennes nous offrent pas mal de disponibilités et nous arrivons dans 90 % des cas – c’est quand même énorme – à répondre favorablement à la demande de la clientèle. Nous prenons 50 % de marge sur la prestation que nous facturent les esthéticiennes. Elles sont contentes. Tous les week-ends, elles sont chez nous, et l’été elles sont là tous les jours. Peut-être qu’un jour, nous ferons des massages dehors. Nous avons un superbe jardin, nous pourrions mettre une tonnelle, je suis sûr que ça cartonnerait ! Nous pourrions aussi faire du yoga, de la méditation, etc., d’autant plus que nous avons un parc extrêmement calme, le parc Saint-Jean.

Nous travaillons exclusivement avec des free-lance

LE SPA, UN BIEN NÉCESSAIRE

Si nous n’avions pas de spa, on remplirait peut-être un peu moins l’hôtel, mais on aurait surtout une satisfaction clients bien en deçà. Le spa compte beaucoup. Les clients qui séjournent ici, à 70 %, vont faire un tour au spa. Donc, bien évidemment, que nous en avons besoin. Contrairement à ce qui a été dit : le spa est un mal nécessaire, je dirais plutôt le spa est un bien nécessaire. Je veux rester dans quelque chose de positif. C’est important pour atteindre complètement cette satisfaction client.

UN CONSEIL AUX EXPLOITANTS DE SPA

Si j’avais un conseil à donner aux exploitants de spa, je leur dirais de ne pas avoir une trop grande capacité d’accueil, de faire du sur-mesure. Je pense que la base du spa, c’est vraiment avant tout de savoir ce que vient chercher le client dans le spa. Il vient chercher le bien-être, le lâcher-prise et la satisfaction.
Le mot de la fin, on retrouve le credo de M. Delion : faire peu, mais bien !

J’AIME L’HUMAIN

Par Ambre TRAN, Spa praticienne

DE SECRÉTAIRE À SPA PRATICIENNE

Ambre Tetran

Ambre Tran

Je suis d’origine vietnamienne et j’habite en France depuis trente ans. J’étais secrétaire commerciale à Paris et il y a cinq ans mon mari a été muté à Montluçon. Je me suis dit que ça allait me permettre de faire autre chose.

Ma priorité : j’aime l’humain. J’ai besoin de la relation humaine. J’aime ce contact-là. Je me suis rendu compte que j’ai toujours massé mon enfant depuis qu’il est né. Aujourd’hui, il a dix huit ans et ma seule manière de communiquer avec lui – on ne parle pas beaucoup – est de le masser tous les matins pendant un quart d’heure. C’est notre rituel, on ne se parle pas, je le masse, ça a toujours été comme ça, c’est une habitude.

 

Je suis allée à Vichy et j’ai décidé de faire une formation de spa praticienne à l’Ecole Fournier. J’ai adoré la rigueur. La rigueur pour le corps. J’adore être un petit soldat, la manière de se tenir, de parler. Nous sommes les soldats du bien-être. Et les massages, c’est du sérieux. J’ai lu beaucoup, ça m’a permis d’aller plus loin que ce qu’on nous apprend à l’école.

L’ENTRETIEN PRÉALABLE

J’aime bien avoir un entretien bien-être avant un massage. Le massage, ce n’est pas que le côté physique. Je veux savoir comment va la personne que je vais masser. J’ai besoin de savoir si elle est fatiguée et d’avoir des informations, de connaître des petites choses de sa vie, échanger, pour aller plus loin. Donc, j’aime bien faire un bilan bien-être de dix minutes avant de commencer.
Tous mes massages sont absolument personnalisés. C’est très important.

FREE LANCE AU CHÂTEAU

Cela fait deux ans que je suis à mon compte. Je travaille chez moi et dès que le Château Saint-Jean m’appelle et que j’ai une disponibilité, je prends. Je fais les deux. Je viens à la demande.
Au Château, l’été, il y a beaucoup de monde. En moyenne, j’ai deux à trois clients par jour. En septembre, ça c’est un peu calmé, il y a du travail, surtout en fin de semaine, vendredi, samedi, dimanche.

COMBIEN DE MASSAGES AU CHOIX ?

J’ai vraiment une formation complète de massages du monde. J’en propose à peu près huit :
– les plus connus : le californien, le suédois, le japonais, le balinais, l’ayurvédique, aux pierres chaudes, à la bougie. Ce sont des massages d’une heure,
– les massages d’une heure trente : le thaï, le thaïlandais, le deep et le lomi,
– les massages d’une demie heure : la réflexologie plantaire, le massage crânien.
Souvent, je couple un massage d’une demi-heure avec un massage d’une heure. Faire un massage d’une demi-heure entraîne des contraintes importantes à cause du Covid.
Au Château, j’ai autant d’hommes que de femmes parmi la clientèle, et il y a souvent des couples. Par contre, chez moi, en ville, j’ai davantage de femmes.

« PARTIR » AVEC LE CLIENT

Le secret d’un massage, c’est de « partir » avec le client, faire au client ce que vous voudriez que l’on vous fasse. C’est ça que j’adore. Le massage m’apaise. Je trouve que la vie à l’extérieur est trop rapide, on fait tellement de choses. Le massage, c’est tout le contraire de notre vie, même de ma vie à moi. Le massage, c’est une distraction pour moi. Je « pars » avec mes clients et je prends du plaisir pendant mon massage. Le temps est ralenti. Je leur dis juste d’être tranquilles, bien. Et ils sont vraiment contents. Ça, c’est génial ! Je demande toujours à mes clients : « Comment allez-vous ? », « Est-ce que vous avez envie de quelque chose ? ». Cela me permet de proposer un massage en fonction de chacun d’eux. Par exemple, si un client fait beaucoup de vélo et des courses cyclistes, je vais lui faire un massage plus sportif sur les jambes. En fonction de ce que mes clients me disent, j’essaye de répondre au mieux, je fais des mouvements plus spécifiques. Et quand j’applique de l’huile, je sens les zones tendues. Un détail : je fais toujours chauffer mon huile au bain-marie, ça délasse.

Je suis vraiment contente de mon métier. C’est un métier à interaction positive, pour le client et pour moi. Peut-être que je suis égoïste, mais je le fais pour moi. Quand je masse, le client en profite, mais ça me fait du bien à moi. Pour qu’il ait du bien-être, il faut que moi je le ressente. Que je ressente que ça me fait du bien.

Dans un massage, le client en profite mais je me fais du bien

Je connais les mouvements – comme tous les praticiens – mais moi, ce que je recherche, c’est que tout ce qui me fait du bien, je vais le transmettre. Et, du coup, moi je suis heureuse, j’arrive à mieux cerner les clients. Parce que je me recherche moi à travers eux, par procuration. Ça y est, j’ai trouvé le bon mot !

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